Archives mensuelles : décembre 2014

Jetlagueurs-ses, joyeuses fêtes jetlaguées!

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Expat : la vie de rêve, tome 2

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Quand tu pars vivre ailleurs, tu as le sentiment (réel ou imaginaire) que les gens qui ne sont pas passés par là ne comprennent RIEN à ton quotidien (tu peux pas comprendre). Ils sont à côté de la plaque, inaptes à se projeter dans les drâaames que tu rencontres et qui méritent pourtant d’être pris très au sérieux ! Que s’est-il donc passé ? Pour répondre à cette question, un détour par l’exploration de notre nature humaine s’impose.

NYC,  c’est géniaaaaaaaaaaaaaal !

Il n’est pas rare que tu passes pour un demi Dieu quand, de passage en France, tu révèles ton lieu de résidence à un quidam rencontré dans une soirée : «  Et toi t’habites où ? (NDL : c’est la question- cousine de « Et toi, tu fais quoi dans la vie ? ») – New York. – Non ! Tu déconnes, j’adore cette ville !! J’ai toujours rêvé d’y habiter. Blablablablablabla….».

Bon. 10 minutes de gloire pour 1 an et demie de galère, ce n’est pas cher payé, alors tu acceptes avec reconnaissance cet enthousiasme sympathique et naïf. De toute façon, tu ne peux pas décemment lui faire un récit honnête de ton parcours du combattant. La dissonance cognitive serait trop grande, ça pourrait créer un court-circuit fatal 😉

Le fantasme de l’expat

Car, jetlagueur-se, sache-le, tu mets des étoiles dans les yeux de tes amis et de ta famille restés au pays. En prenant ton passeport et ta valise, Jacqueline/Maurice, tu t’es transformé-e en Indiana Jones. Tu vends du rêve.

Car l’expatrié est l’aventurier moderne. Dans les pays riches, l’expatriation, c’est la nouvelle frontière (pourquoi aller sur la lune quand tu peux aller aux States, pas vrai 😉 ).

On a tous fantasmé de partir vivre à l’étranger du fond de notre canapé. Rares sont les gens qu’on a entendu dire : « Non, l’étranger, ça me tente pas, tu vois. L’aventure est au coin du RER, pas besoin de quitter l’Ile de France. » Et quand bien même ces gens existeraient, et bien ils se cachent. Parce que ça fait petit kiki.

Vis ma vie d’expat

Maintenant que nous avons scientifiquement établi que tu fais rêver dans les chaumières, cherchons à comprendre les implications de cette prémisse.

Eh bien, il y a une attente sociale de complète satisfaction à ton égard. Normal. En bons humains que nous sommes, ce que nous valorisons au-delà de tout, nous supputons qu’il s’agit également d’un motif de vénération chez les autres. Tu vis mon rêve DONC tu es heureux. CQFD.

Alors, oui, oui on sait, tu rencontres des difficultés administratives, la perte de repère, nia nia nia. Mais en vrai, on s’en fout. Voilà, je te le dis. Si on est honnêtes, ce que l’on souhaite tous (expatriés d’autres pays inclus), c’est vivre ton aventure par procuration. C’est-à-dire les bons côtés, on s’entend. On veut de la jolie photo Facebook. Du selfie devant les pyramides, des photos de ton tajine (oui, tu es Indiana Jones dans Les Aventuriers de l’arche perdue, on est donc en Egypte), et de ta rando en dromadaire (à moins que ça soit en chameau) dans le désert.

Expatriation, pas vacances !

Mais ce n’est pas tout. Quand le cerveau humain entend « Brésil », « Thaïlande », « Afrique du sud », et autres noms exotiques, des choses étranges se passent. Une immense carte postale se dessine dans nos esprits. Du coup, on pense vacances infinies, congés à tout jamais, corps nus sur la plage.

Sauf que oui mais non. Parce qu’en vacances tu remets rarement en question ta place dans la société, ton avenir, ton mode de vie en général. T’es au fond d‘un mojito, au bord d’une plage, dans un musée. Tu décroches, tu explores. C’est la légèreté, la simplicité, l’instant. Pas le chamboulement existentiel, tu vois.

Morceaux choisis de phrases dites ou entendues

Attends! T’as un super appart, de quoi tu te plains ? (… Quoi ? )

Moi, je tuerais pour avoir du temps. C’est un luxe. (Ah ah ! Au moins quand tu es au chômage en France, les gens t’épargnent ce type de remarques.)

Ca doit être super de vivre à l’étranger. Tu vas pas te plaindre quand même, hein ?! (Après cette invitation pleine de compréhension…)

La cousine de la femme de ménage de ma collègue a reçu un permis de travail en 3 semaines en rédigeant un courrier de demande sur une feuille volante. Tu devrais faire comme elle. (Mais comment se fait-il qu’on ne l’ait pas fait … Ah oui, c’est parce que c’est IMPOSSIBLE. )

Bonus pour vous Mesdames :

T’as qu’à aller faire du shopping avec la carte de ton mec. (Girl Power !)

Pourquoi tu ne fais pas un gosse ? Ça t’occupera. (Nous vous laissons savourer)


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